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Société GRICS
Geoffroi Garon,
M.A., conseiller pédagogique en nouvelles technologies
Alliance numérique : Peux-tu te présenter en quelques mots?
Geoffroi Garon : Je suis un conseiller Internet et e-Learning en nouvelles technologies et nouvelles pratiques. Comme formation, j’ai une maîtrise en communication organisationnelle de l’UQAM et un baccalauréat en anthropologie sociale de l’Université Laval. J’aime accompagner les gens pour qu’ils aient les idées claires sur leur projet et qu’ils sachent comment les mettre en action en utilisant les forces du Web. J’aime aussi permettre au gens de démystifier les phénomènes du Web par des conférences et des formations adaptées à leur réalité.
Dans un avenir assez proche, je vais commencer un doctorat dans les technologies éducatives. Pour le moment, mon intérêt principal est la construction sociale de l’identité professionnelle. Aussi, la création d’un plan numérique pour le Québec au niveau de l’éducation et de l’apprentissage continu est un aspect important que j’aimerais approfondir.
AN : Quels son tes principaux mandats?
GG : La plupart du temps, je présente le web et ses évolutions actuelles. Je contribue à démystifier le web social, à rassurer les gens qui ne sont pas familiers avec lui et ses évolutions. Je présente des conférences qui ont pour thème, par exemple : Comment utiliser le web au niveau des relations publiques? Comment commercialiser un produit ou un service avec le web? Etc. J’essaie de rendre ça concret surtout au sein d’organisations complexes. Le but est que tout le monde dispose d’une base solide commune.
AN : Qu’est qui te plaît dans le statut de travailleur autonome?
GG : Comme conseiller, j’ai l’opportunité de travailler dans des secteurs d’activités diversifiés, d’effectuer des mandats différents et surtout d’élargir mon réseau en rencontrant des gens de plusieurs horizons, souvent des décideurs d’ailleurs. Cela m’oblige à faire des recherches, à me tenir au courant pour trouver des exemples qui vont ensuite me servir à illustrer les formations. Par exemple, aux États-Unis, des patients qui souffrent de maladie graves, tiennent volontairement un registre quotidien (patientslikeme.com) de l’évolution de leur maladie, etc. Toutes ces informations sont ensuite vendues, en accord avec les patients qui souhaitent que les recherches concernant leur maladie progressent, à des laboratoires qui disposent ainsi de nombreuses et précieuses informations sur des maladies rares ou difficiles.
AN : Sur quel(s) projets travailles-tu en ce moment?
GG : Comme conseiller pédagogique en nouvelles technologies à la Société GRICS, Gestionnaire des ressources informationnelles des commissions scolaires du Québec, un organisme spécialisée en technologie éducative, je peux me qualifier de chef de produit apprentissage à distance (e-learning) avec la plate-forme en logiciel libre Moodle. Mon mandat principal, cette année, est de bâtir notre offre de service et de nous positionner sur le marché. Nous offrons plusieurs services autour de Moodle, soit de la consultation, de l’implantation, de la formation, des services pédagogiques, du développement, du soutien technique et de l’hébergement.
J’ai aussi le mandat important de contribuer, avec d’autres, à adapter un modèle d’affaires basé sur des logiciels libres avec des services à celui présentement en place dans notre organisation, comme beaucoup d’autres ailleurs, basé sur des produits et des droits de licences. C’est définitivement un défi majeur, mais nous travaillons tous pour l’amélioration de la qualité du système d’éducation du Québec.
Je travaille aussi depuis quelques mois sur un autre produit, soit le portfolio numérique de développement professionnel. Nous utilisons la plate-forme Mahara qui est aussi en logiciel libre et qui est de plus en plus populaire.
AN : Vous êtes conseiller pédagogique en nouvelles technologies et apprentissage à distance pour les commissions scolaires du Québec. Où en est l’intégration des nouvelles technologies à l’école?
GG : Il y a le RECIT qui est un réseau de personnes-ressources au service du personnel scolaire dans les écoles du Québec. Ce réseau oeuvre à assurer l’intégration pédagogique des technologies de l’information et de la communication (TIC) en développant la compétence professionnelle du personnel enseignant. Le défi est de taille parce qu’il y a beaucoup d’élèves dans chaque classe (gestion de classe), les enseignants sont aidés mais ils doivent le faire, plus souvent qu’autrement, sur leur temps personnel! Il y a bien sûr des enseignants passionnés qui vont le faire, innover et tenter des expériences, mais ça demande beaucoup d’énergie.
AN : Tu travailles notamment sur la plateforme Moodle. Peux-tu nous en dire plus?
GG : Moodle est un CMS qui est orienté vers l’apprentissage à distance (e-learning). Cette plate-forme en logiciel libre, qui est l’une des plus utilisé dans le monde, est basée sur un modèle socioconstructivisme, ce qui signifie qu’elle permet l’interaction entre l’enseignant et l’élève, mais aussi entre les élèves eux-mêmes. L’apprentissage est un processus social où le savoir est construit et non seulement transmis. C’est un environnement d’apprentissage très convivial, flexible et performant. D’ailleurs, pour en savoir plus, je vous invite à visiter le blogue Apprendre à distance dans lequel je présente Moodle et les actualités autour de cette plateforme.
AN : Tu accordes beaucoup d’importance à l’identité. Peux-tu expliciter davantage?
GG : Je crois que cela sera le défi de ce siècle. Avec notre ère du numérique, l’information est de plus en plus disponible, les personnes peuvent créer facilement du contenu, le diffuser et le partager. Le moteur de recherche Google capture tout ce que nous faisons, pour le meilleur et pour le pire. La frontière entre notre vie privée et notre vie professionnelle est plus perméable, plus mixée. Nous nous exposons de plus en plus avec des profils de données personnelles via des services Web (Facebook, Youtube, etc.). Notre identité en ligne est un élément que tous nous devrons y réfléchir et nous positionner. La notion de la possession et le transfère de notre identité (data portability), de nos traces de vie sur le Web, dans une entreprise, sont des incontournable dans une société numérique. Je trouve intéressant aussi le concept du « Slashing Career » où nous avons tous plusieurs carrières qui cohabitent dans notre environnement publico-privé! Par exemple, je suis un père/conseiller /blogueur/conférencier/graphiste/entrepreneur.
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