Egzakt

Denis Roy, Président


                                                 

Alliance numérique : Pouvez-vous vous présenter en quelques lignes?


Denis Roy : Ça fait bientôt 30 ans que j’œuvre dans le monde des communications. Après mon cours en Arts et technologies des médias (publicité) au Cégep de Jonquière, j’ai travaillé pendant environ trois ans pour l’agence Dialogue Communication où j’ai fait mon stage de fin d’études. En tout, j’ai été en agence durant sept ans à Montréal avant de retourner à Trois-Rivières pour fonder Egzakt. Le déclencheur a été mon apprentissage de l’infographie en 1985-86 et le refus de mes collègues de l’époque d’admettre que la table à dessin allait disparaître.


AN : Pouvez-vous nous présenter Egzakt, ses clients, ses mandats, sa philosophie?


DR : Egzakt est une agence de publicité qui a comme première particularité de regrouper sous un même toit les services de planification, de création et de production. La réalité régionale impose en partie cette structure. Il n’y a pas de marché pour la sous-traitance ou la pige en région, alors, si on veut offrir un service spécialisé, on se tourne soit vers Montréal ou on le met en place! Egzakt offre donc un service complet en stratégie, design, production électronique et, bien sûr, en développement interactif.


Deuxième particularité : le Web et ce qui gravite autour représente environ 40 % des revenus d’Egzakt. Pour une entreprise de l’ère pré-Internet, c’est assez exceptionnel. De plus, contrairement à plusieurs de nos collègues de l’industrie de la publicité, nous nous sommes concentrés sur l’infrastructure Web, plutôt que sur les campagnes (bannières, microsites, Flash, etc.) Aujourd’hui, cela nous permet d’intervenir directement sur les produits de nos clients ou sur leur prestation en ligne; cela fait toute une différence sur la nature de nos relations d’affaires.


Aujourd’hui, Egzakt est forte d’une équipe de 31 employés, ce qui nous place environ au 25e rang des agences québécoises (sur 61 membres de l’AAPQ).  De ce nombre, 13 personnes travaillent à temps plein à l’élaboration de projets interactifs. Dans un cas comme dans l’autre, ça fait de nous une exception pour une agence localisée à l’extérieur de Montréal ou Québec.
Nos clients provenant de l’extérieur de la Mauricie comptent pour un peu plus de 65 % du chiffre d’affaires d’Egzakt. Ils oeuvrent dans des domaines très variés, mais on peut mentionner certains secteurs où notre équipe a acquis une expertise particulière : le domaine juridique (Éducaloi, Barreau, SOQUIJ, Probono Québec), la nutrition (Extenso, Nutrium, Diététistes du Canada, ASPQ), le tourisme (Le Québec Maritime, ATR Bas-Saint-Laurent et Manicouagan, région Les Basques), l’éducation (Commission scolaire du Chemin-du-Roy, UQÀM, Université de Montréal, Collège Shawinigan).


AN : Vous avez récemment passé quelques jours à Barcelone, une ville que l’on compare souvent à Montréal. Que vous inspire cette comparaison?


DR : Je dois vous dire que mon point de vue sur la question n’est pas tout à fait impartial. Comme vous le savez peut-être, Egzakt a conclu récemment une entente de partenariat avec le groupe de recherche MosaiC de HEC Montréal. Les travaux de ce groupe portent sur le management de la création et, entre autres, sur les villes créatives. Dans quelques semaines, je vais participer à l’École d’été qu’ils ont mis en place et qui se déroule à Montréal et… à Barcelone. C’est d’ailleurs ce qui m’a incité à y prendre mes vacances.


J’ai découvert une ville bouillonnante d’activité créative. On trouve la touche catalane dans toutes les formes d’expression, autant artistiques que quotidiennes. Bien sûr, l’architecture, l’urbanisme et le design viennent à l’esprit spontanément. Mais, on retrouve un niveau de créativité exceptionnel dans le commerce de détail, la cuisine, la musique, la façon que les gens ont de se vêtir. Et quand on y pense, sur plusieurs de ces points, Montréal a également ce type de signature.


AN : Qu’est-ce qui vous a le plus marqué, impressionné, inspiré là-bas?


DR : Franchement, c’est l’urbanisme. Cette ville semble avoir été pensée pour le marcheur, le flâneur. Les lieux propices aux interactions humaines sont si nombreux qu’on a souvent que quelques centaines de mètres pour passer d’un à l’autre. De plus, l’intégration du caractère historique et de différents projets architecturaux très contemporains donne à la ville une énergie assez incomparable. De ce côté là, c’est très inspirant au plan de la vision long terme d’une Montréal créative.


AN : Vous oeuvrez depuis un certain temps dans l’industrie. Comment résumeriez-vous l’évolution de celle-ci depuis vos débuts?


DR : Je suis heureux de constater que plus on avance, moins il y a de place pour le discours trop souvent associé à la « nouveauté technologique ». On voit de plus en plus d’entreprises revenir à des plans d’affaires basés sur le bon sens et non sur la dernière affaire à la mode. Les gestionnaires perçoivent davantage la techno comme un levier que comme une fin en soi. Aussi, les agences et les prestataires web qui se voient comme des accompagnateurs plutôt que comme des maîtres d’œuvre sont plus nombreux qu’auparavant. D’après moi, on commence à vivre une première véritable phase de maturité pour l’industrie de l’interactif; notre responsabilité est de nous assurer qu’on poursuit dans cette voie.

AN : Entre Montréal et Québec, vous allez pourtant réaliser le futur site du Devoir à la barbe de tous les grands. Comment fait-on pour rivaliser avec les agences de ces deux capitales?


DR : Ça tient beaucoup à la manière de faire des affaires. Aux valeurs partagées. À la capacité d’établir une relation de confiance qui va au-delà du portfolio ou de la liste de cas. Mais, à ce stade-ci, tout ça est facile à dire, car obtenir le mandat n’était que l’entrée en matière. Maintenant, il nous faut livrer.


Ce qu’il y a probablement de plus important à retenir du fait qu’Egzakt ait remporté le mandat de refonte du Devoir, c’est que le genre d’état d’esprit qui nous a permis d’avoir le succès qu’on connaît est le même qui est nécessaire pour que les entreprises du Québec percent à l’international. À suivre…

 
 
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