Une compagnie québécoise gère les enchères de Sotheby’s
Source
14 avril 2010 | 12h46
Michel Munger
Argent

Les amateurs d’art et de grand luxe ne le savent probablement pas mais les enchères en ligne sur lesquelles ils misent auprès de Sotheby’s sont gérées avec une solution bien québécoise.
 
C’est en effet ce que confirme Philippe Bertrand, vice-président de l’entreprise montréalaise Vortex Solution, en entrevue avec Argent au téléphone.

L’encanteur Sotheby’s a retenu le système Vortex Auction, après plusieurs mois de magasinage.

«C’est une grosse victoire pour nous, mais pas parce que la plateforme n’était pas utilisée auparavant, explique M. Bertrand. Le site de petites Merkado, de Transcontinental, s’en sert depuis plusieurs années. C’est la première fois qu’une compagnie aussi prestigieuse que Sotheby’s s’en sert.»

Avec un client de cette ampleur dans son portefeuille de réalisations, la compagnie qui compte 82 employés à temps plein s’attaque maintenant au reste du globe terrestre avec Vortex Auction.

«Avec le rayonnement provenant de Sotheby’s, nous avons décidé de pousser la machine à l’international, souligne Philippe Bertrand. Ça nous donne la chance d’ouvrir notre bureau à New York. Ça nous donne assez de visibilité pour avoir gagné un contrat avec la marque Ralph Lauren.»

Le vice-président ne peut pas dévoiler tous les détails financiers du mandat de Sotheby’s. Il indique toutefois que pour les revenus, «c’est proche du million de dollars. Plus ils feront d’enchères, plus nous feront d’argent.»

Comment peut-on attirer un client comme Sotheby’s, une société fondée en 1744 qui exige une qualité extrême ? M. Bertrand estime que c’est la robustesse et la facilité d’utilisation qui a prévalu. «Si quelqu’un a accès aux enchères avec une connexion à Internet très haute vitesse ou avec un modem 56K, le système doit traiter l’information en même temps pour tous.»

Vortex doit fournir du soutien technique 24 heures sur 24 mais aussi avoir fourni une solution éprouvée. «Nous avons créé des encans fictifs. Nous avons même fait tomber des serveurs pour vérifier si la prise en charge par un autre serveur fonctionnait bien.»

En plus de l’international, Vortex Solution veut se faire connaître dans des secteurs qui ont peu à voir avec l’art. On parle même de vente de bétail par Internet…

«Ce n’est pas tout le monde qui peut se rendre en Arkansas pour acheter deux bœufs, illustre Philippe Bertrand. Notre plateforme supporte la vidéo et permet de voir le bœuf avant de l’acheter.»
«Il y a aussi le domaine automobile, ajoute-t-il. Les retours de location des fabricants sont envoyés vers des encans. Notre plateforme pourrait y être utilisée.»

Pour l’avenir, la mobilité fait partie des objectifs de la compagnie montréalaise. Le dirigeant parle des appareils iPhone, iPad, Android et autres. «Il va falloir transformer notre technologie. Nous voudrions que dans trois ou quatre ans, pouvoir accéder à notre système à partir d’un iPhone pour faire des mises sur une enchère.»

Le défi est toutefois de bien fournir le même service dans un environnement très distinct de l’ordinateur. «Il faut que tout soit formaté pour les nouveaux appareils. Nous avons lancé une application iPhone pour le Groupe Sutton. Il est important que quand tu te promènes dans un quartier, l’application te géopositionne pour trouver les maisons à vendre dans les environs.»

 
 
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